Orthophoniste ou orthopédagogue : qui appeler selon la difficulté de votre enfant, au Québec

À jour le 2 novembre 2026. Information générale : les services changent, et seule une évaluation peut préciser les besoins de votre enfant.
Orthophoniste ou orthopédagogue : la question revient quand un enfant peine à parler, à lire ou à suivre en classe. L’enseignante mentionne une orthopédagogue, une amie parle de son orthophoniste, et vous ne savez plus qui appeler en premier. Les deux noms se ressemblent, et leurs rôles se croisent réellement.
Ce guide ne cherche pas à dire qu’une profession vaut mieux que l’autre. Il propose un point de départ selon la difficulté de votre enfant, au Québec. Il explique aussi qui peut poser un diagnostic depuis novembre 2024, ce que veut dire « évaluation diagnostique » sur un rapport, et comment vérifier le titre et la formation d’une personne.
Une précision : nous sommes une clinique d’orthophonie. Nous avons donc cherché à être justes, et nous disons clairement quand l’orthopédagogue ou l’école sont la bonne première porte. Une courte section porte sur l’Ontario.
Orthophoniste ou orthopédagogue : quelle est la différence ?
L’orthophoniste évalue et traite la communication : comprendre, parler, lire, écrire, la voix et la parole. L’orthopédagogue évalue et accompagne les apprentissages scolaires : lecture, écriture et mathématiques. La première est membre d’un ordre professionnel, la seconde vient du domaine de l’éducation. Leurs rôles se croisent, surtout à l’écrit.
L’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) décrit le rôle de l’orthophoniste auprès des personnes qui ont du mal à suivre des consignes, à s’exprimer clairement, à trouver leurs mots, à lire ou à écrire. La parole, le bégaiement, la voix et la déglutition en font aussi partie.
L’Association des orthopédagogues du Québec (ADOQ) définit l’orthopédagogue comme une pédagogue du domaine des sciences de l’éducation, qui évalue et qui intervient. Son évaluation précise les difficultés de l’apprenant sur le plan des connaissances, des stratégies et des processus cognitifs, principalement en lecture, en écriture et en mathématiques. Son intervention peut être préventive, corrective ou compensatoire.
| Orthophoniste | Orthopédagogue | |
|---|---|---|
| Domaine | La communication : langage oral et écrit, parole, voix, déglutition | Les apprentissages scolaires : lecture, écriture, mathématiques |
| Formation | Une maitrise, selon l’OOAQ | Selon l’ADOQ, habituellement un baccalauréat en enseignement en adaptation scolaire, ou une formation en enseignement combinée à des études supérieures en orthopédagogie |
| Encadrement | Un ordre professionnel, l’OOAQ | Selon l’ADOQ, pas d’ordre professionnel à ce jour. Une association à adhésion volontaire |
| Milieux | Réseau de la santé, certaines écoles, pratique privée | Surtout l’école, selon l’Office des professions (2014), et aussi la pratique privée |
| Fin de l’évaluation | Un diagnostic pour le langage et les apprentissages liés au langage, ou une conclusion orthophonique | Un portrait précis des difficultés, qui oriente l’intervention |
Les deux listes se recoupent. La lecture, l’écriture et les mathématiques figurent à la fois dans la description de l’OOAQ et dans celle de l’ADOQ. L’une part de la communication, l’autre de la pédagogie, et une même difficulté peut intéresser les deux. C’est pourquoi la question n’a pas toujours une seule bonne réponse.

Qui appeler en premier, selon la difficulté de votre enfant ?
Pour parler, prononcer, bégayer ou comprendre, une orthophoniste est souvent un bon premier appel. Pour la lecture, l’écriture ou les mathématiques en classe, l’école est souvent la première porte. Au privé, une orthopédagogue convient souvent aux mathématiques et aux stratégies d’apprentissage. Aucune de ces pistes n’est une règle.
Ce tableau est notre propre lecture des champs d’exercice publiés. Il ne vient ni d’un ordre professionnel ni d’une association. Partez de ce que vous observez, et non d’un diagnostic que vous pensez reconnaitre.
| Ce que vous observez | Un bon premier appel, souvent | Aussi à savoir |
|---|---|---|
| Votre enfant d’âge préscolaire parle peu ou tard | Une orthophoniste. Au public, votre CLSC (Agir tôt, moins de 7 ans) | Notre guide sur l’attente explique le parcours public |
| Les sons de la parole, le bégaiement, la voix, la déglutition | Une orthophoniste | L’évaluation se termine par une conclusion orthophonique, et non par un diagnostic |
| Comprendre les consignes, trouver ses mots, faire des phrases | Une orthophoniste | Cela vaut aussi à l’âge scolaire |
| La lecture est difficile en classe | L’enseignante, puis l’orthopédagogue de l’école | Aucun diagnostic n’est requis pour demander de l’aide. Au privé, une orthopédagogue ou une orthophoniste peuvent aussi évaluer |
| Vous soupçonnez une dyslexie et cherchez une réponse claire | Une orthophoniste, un psychologue ou un neuropsychologue | Le médecin partage aussi cette activité, selon l’OOAQ. Le rapport d’une orthopédagogue peut y contribuer |
| L’orthographe et la rédaction | L’école d’abord. Ensuite, l’une ou l’autre | Une orthophoniste si le langage oral semble aussi touché. Une orthopédagogue si la question porte sur les stratégies |
| Les mathématiques | L’école, ou une orthopédagogue | Une orthophoniste si le langage semble en cause, ou si une dyscalculie est soupçonnée. C’est la ligne la moins tranchée |
| Les stratégies pour apprendre : comment aborder un texte, un problème, une étude | Une orthopédagogue, à l’école ou au privé | Selon l’ADOQ, son évaluation porte aussi sur les stratégies |
| L’attention, une question de TDAH | Un médecin ou un psychologue | L’orthophoniste ne peut pas poser ce diagnostic, selon l’OOAQ. Voir plus bas |
| Le comportement ou l’adaptation à l’école | L’équipe de l’école, qui peut compter une psychoéducatrice | Voir plus bas |
Les rôles se chevauchent, surtout pour la lecture et l’écriture, et l’une comme l’autre peut rediriger une famille. Un premier appel au « mauvais » endroit n’a rien de grave. Décrivez ce que vous observez, et demandez vers qui vous tourner si ce n’est pas le bon service.

Quand l’orthopédagogue ou l’école sont-elles la bonne première porte ?
L’école est souvent la première porte pour une difficulté d’apprentissage en classe. Parlez à l’enseignante, puis demandez si l’orthopédagogue peut voir votre enfant. Au privé, une orthopédagogue est souvent un bon premier appel pour les mathématiques ou les stratégies d’apprentissage, surtout si rien ne semble toucher le langage.
L’école voit votre enfant en train d’apprendre. L’enseignante observe les difficultés tous les jours, et l’orthopédagogue peut préciser ce qui bloque. Selon l’ADOQ, ce travail inclut le dépistage et tient compte d’autres facteurs, comme la motivation et les approches pédagogiques. Son intervention s’adresse directement à l’élève, en collaboration avec l’enseignante, les parents et les autres professionnels.
Une orthopédagogue en pratique privée a aussi sa place. Elle peut être un bon premier appel si les mathématiques sont la principale difficulté, sans question de langage. Il en va de même si votre enfant comprend bien à l’oral, mais ne sait pas comment s’y prendre pour apprendre. L’ADOQ note aussi que certaines offrent la téléorthopédagogie.
Les rôles à l’école varient d’un milieu à l’autre. Selon l’Office des professions (2014), l’orthopédagogue peut y être membre du personnel enseignant ou du personnel professionnel. Au secondaire, on peut aussi vous parler d’une enseignante-ressource, une fonction régie par la convention collective des enseignants, selon des chercheurs de l’UQAM (2014). Demandez à l’école qui fait quoi chez elle.
Avant l’école, l’orthopédagogue est moins souvent la bonne porte. Selon le même rapport de l’Office, elle travaille surtout à l’école, et seulement à l’occasion dans les centres de la petite enfance. Pour un tout-petit qui parle peu, le CLSC ou une orthophoniste restent le point de départ habituel.
Qui peut poser un diagnostic au Québec depuis novembre 2024 ?
Quatre professions peuvent diagnostiquer la dyslexie ou un trouble du langage au Québec. Ce sont l’orthophoniste, le psychologue, le neuropsychologue et le médecin, selon l’OOAQ. Le projet de loi 67, adopté en novembre 2024, a ajouté le mot « diagnostiquer » pour les orthophonistes. La parole et la voix restent à part.
Voici le changement en termes simples. Avant, le texte disait que l’orthophoniste « évalue » ces troubles. Depuis le projet de loi 67, le texte publié à la Gazette officielle dit qu’elle peut « diagnostiquer les troubles du langage et les troubles d’apprentissage en lien avec le langage ».
Le mot change, mais pas le métier. L’OOAQ précise qu’il ne s’agit pas d’une responsabilité clinique différente : les orthophonistes pouvaient déjà conclure à la présence ou non d’un tel trouble. Le champ d’exercice reste le même.
Ce diagnostic n’appartient pas à une seule profession. L’OOAQ indique que les psychologues, les neuropsychologues et les médecins partagent cette activité, comme avant la loi. L’Ordre des psychologues écrit qu’un trouble d’apprentissage peut être diagnostiqué par tout psychologue qui a les compétences pour le faire. Le neuropsychologue est un psychologue qui détient une attestation particulière.
Ces professions ne regardent pas tout à fait la même chose. Notre article sur les signes précoces de dyslexie explique ces différences, et à partir de quand un diagnostic devient possible.
Qu’est-ce que cela change pour vous ? Certains programmes demandaient un diagnostic ou un certificat médical. Pour ces troubles, l’OOAQ écrit que le diagnostic de l’orthophoniste « pourra être reconnu » comme s’il avait été établi par un médecin. C’est une possibilité, et non une garantie pour chaque programme. Demandez au programme concerné ce qu’il accepte.
La parole, la voix et la déglutition suivent une autre règle pour le moment. L’OOAQ les classe parmi les problèmes de santé physique, où le mot « diagnostic » n’est pas encore possible. L’évaluation se termine par une conclusion orthophonique. Une deuxième phase de travaux est prévue, sans échéancier connu en février 2025. Un rapport sur les sons de la parole ne dit donc pas « diagnostic », et c’est normal.

Que veut dire « évaluation diagnostique » sur le rapport d’une orthopédagogue ?
L’expression décrit une évaluation qui précise les difficultés d’apprentissage. Elle ne veut pas dire qu’un trouble a été diagnostiqué. L’Office des professions l’explique dans un rapport de 2014. Un diagnostic de dyslexie vient plutôt de l’une des quatre professions nommées plus haut. Le rapport de l’orthopédagogue leur reste très utile.
Cette confusion se comprend bien. En pédagogie, le mot « diagnostique » sert à cerner où un élève bloque. Le rapport de l’Office des professions (2014, p. 102 et 103) dit que l’« évaluation orthopédagogique diagnostique » vise à préciser les difficultés d’apprentissage. Elle cherche à les mettre en lumière, et non à identifier un trouble.
Le portrait comporte une nuance, et il vaut mieux la dire. Le même rapport note que certains orthopédagogues peuvent être appelés à identifier un trouble spécifique d’apprentissage. Ce passage date d’avant le mot « diagnostiquer » de 2024. Le référentiel de l’ADOQ (2018) parle pour sa part de contribuer au diagnostic, dans un processus d’évaluation interdisciplinaire.
Cette contribution compte. L’Ordre des psychologues écrit que la collaboration des enseignants, des orthopédagogues et des parents lui permet de tirer ses conclusions. L’OOAQ qualifie aussi le travail en collaboration d’essentiel dans son mémoire de 2024. Gardez donc le rapport de l’orthopédagogue, et apportez-le à toute autre évaluation.
Devant un rapport, regardez qui le signe et comment il se termine. Si la dernière phrase vous laisse dans le doute, posez la question telle quelle : « Est-ce un diagnostic, ou une description des difficultés ? » C’est une question légitime, et elle aide tout le monde à parler de la même chose.

Et pour le TDAH ou le comportement, qui appeler ?
Pour une question d’attention ou de TDAH, pensez au médecin ou au psychologue, plutôt qu’à l’orthophoniste ou à l’orthopédagogue. L’OOAQ précise que les orthophonistes ne peuvent pas diagnostiquer un trouble mental. Pour l’adaptation ou le comportement à l’école, parlez à l’équipe de l’école, qui peut compter une psychoéducatrice.
Selon l’INESSS (2018), l’évaluation d’un trouble mental relève des médecins et des psychologues, ainsi que de certains professionnels habilités par leurs ordres. L’Ordre des psychologues (2019) ajoute que les psychologues compétents peuvent diagnostiquer le TDAH. Ces deux textes précèdent le projet de loi 67. L’orthopédagogue n’ayant pas d’ordre professionnel, ce n’est pas la porte à choisir pour cette question.
Cela n’exclut personne du suivi. Si votre enfant a aussi du mal à parler ou à lire, ces difficultés méritent d’être regardées de leur côté, peu importe la réponse sur l’attention.
La psychoéducatrice travaille avec les personnes qui vivent des difficultés d’adaptation, et son titre est protégé. En milieu scolaire, son ordre indique qu’elle peut évaluer ces difficultés dans le cadre d’un plan d’intervention.
Faut-il un diagnostic pour obtenir de l’aide à l’école ?
Non. Québec.ca précise que les services s’organisent selon les besoins de l’élève, « sans égard au diagnostic ou à un code de difficulté ». Sous la responsabilité de la direction, le plan d’intervention réunit les parents et le personnel. L’orthopédagogue, et l’orthophoniste si l’école y a accès, peuvent y contribuer.
Cette règle figure sur la page de Québec.ca sur les élèves en difficulté. L’Ordre des psychologues va dans le même sens : le diagnostic n’est pas essentiel pour entreprendre une intervention, alors que l’évaluation reste nécessaire. Un diagnostic peut tout de même être utile plus tard : notre article sur les signes précoces de dyslexie explique pourquoi.
Ces professions travaillent côte à côte à l’école. Un cadre de référence du ministère (2003) dit que l’orthopédagogue, l’orthophoniste, le psychologue ou le psychoéducateur peuvent déterminer avec l’enseignant des objectifs individualisés pour certains élèves. Il ajoute que l’orthopédagogue peut collaborer à la clarification des besoins de l’élève. Le document est ancien, mais il montre que ces rôles sont pensés ensemble.
L’accès n’est pas le même partout. L’OOAQ indique qu’on accède directement à une orthophoniste auprès de certains établissements scolaires seulement. Pour le savoir, adressez-vous à l’école ou au centre de services scolaire. Si vous avez déjà un rapport du privé, vous pouvez le remettre à l’école pour nourrir le plan.

Comment vérifier le titre et la formation de la personne ?
Pour une orthophoniste, utilisez l’outil de l’OOAQ, qui confirme le droit d’exercer et indique toute restriction. Pour une orthopédagogue, demandez sa formation et consultez le tableau des membres de l’ADOQ, où le numéro indique le statut. Selon l’ADOQ, la profession n’est pas encore encadrée par un ordre professionnel.
Pour porter le titre d’orthophoniste, il faut être inscrite au tableau de l’Ordre pour l’année en cours, et une maitrise est requise. L’outil de vérification de l’OOAQ permet de le confirmer. En cliquant sur le nom, vous voyez aussi les restrictions ou les limitations de pratique, s’il y en a.
Pour l’orthopédagogue, la situation est différente. L’ADOQ écrit que la profession n’est pas encadrée par un ordre professionnel, et qu’il n’existe pas de restriction légale au port du titre. Cela ne dit rien de la compétence d’une personne en particulier. Cela veut plutôt dire que la vérification vous revient.
L’ADOQ recommande aux employeurs de s’assurer que la personne détient une formation universitaire reconnue en orthopédagogie et qu’elle est membre en règle. Ce repère vaut aussi pour un parent. Le tableau des membres donne le statut en temps réel. Le début du numéro l’indique : MP pour une formation qualifiante complétée, MV ou MA pour une formation en cours.
Ne tirez pas de conclusion trop vite si un nom n’y figure pas. L’adhésion est volontaire, comme le rappelle l’Office des professions (2014), et le répertoire de pratique privée ne montre que les membres qui ont choisi d’y paraitre. Les parcours varient aussi, car les universités n’offrent plus de baccalauréat spécialisé en orthopédagogie depuis 2003, selon le même rapport. Demandez simplement à la personne de vous décrire sa formation.
Où en est l’ordre professionnel ? Le rapport annuel 2026 de l’ADOQ dit que « le dossier est maintenant à l’analyse par l’Office des professions ». Cette phrase est celle de l’ADOQ, et nous n’avons pas lu de position de l’Office sur ce dossier. L’ADOQ a aussi son propre code de déontologie, qui s’applique à ses membres.

Où demander de l’aide : au public, à l’école ou au privé ?
Au public, l’orthophonie passe par votre CISSS ou CIUSSS, et Agir tôt s’adresse aux moins de 7 ans. À l’école, parlez à l’enseignante ou à la direction. Au privé, l’OOAQ et l’ADOQ ont chacun un répertoire. Pour l’orthophonie, notre guide sur les frais explique l’assurance et les reçus.
| Porte | Pour quoi | Comment y accéder |
|---|---|---|
| CISSS ou CIUSSS | L’orthophonie au public, sans frais selon l’OOAQ. L’accès varie selon la région | La page de l’OOAQ résume les voies |
| Agir tôt | Les enfants de moins de 7 ans et leur famille | Votre CLSC, ou votre médecin |
| L’école | Les apprentissages en classe, le plan d’intervention | L’enseignante, la direction, le centre de services scolaire |
| Orthophoniste au privé | Une évaluation ou un suivi | Le répertoire de l’OOAQ |
| Orthopédagogue au privé | Une évaluation ou un suivi des apprentissages | Le répertoire de l’ADOQ, en personne ou à distance |
Cet article ne parle pas de prix. Pour l’orthophonie, notre guide sur ce que couvrent le public, l’assurance et l’impôt explique les démarches. Pour l’orthopédagogie, l’ADOQ rappelle que la couverture dépend de votre contrat : demandez à votre assureur si ces services sont inclus.
Les délais varient aussi. Notre guide sur l’attente en orthophonie au Québec explique comment le public et le privé peuvent se combiner. Rien ne vous empêche de parler à l’école pendant que vous attendez une autre réponse.
Et en Ontario ?
En Ontario, le diagnostic de dyslexie relève des psychologues. Les orthophonistes y décrivent les difficultés de lecture et d’écriture, peuvent conclure à un trouble du langage, et orientent la famille. À l’école, parlez à l’enseignante et, s’il y a lieu, à l’enseignante-ressource en éducation spécialisée.
Ces règles viennent de l’Ordre des audiologistes et des orthophonistes de l’Ontario (2025) et du guide du ministère de l’Éducation (2026). Le mot « orthopédagogue » n’apparait pas dans le glossaire de ce guide. L’aide ne devrait pas attendre un diagnostic, selon la Commission ontarienne des droits de la personne (2022). Voyez aussi la télépratique en Ontario.
Que noter avant d’appeler ?
Notez ce que vous observez, où cela se produit et depuis quand, avec un ou deux exemples concrets. Ajoutez l’âge, le niveau scolaire, les langues de votre enfant et ce que l’école a déjà essayé. Apportez les bulletins et les rapports que vous avez. Ces notes aident la personne à vous répondre, ou à vous rediriger.
| Ce que vous notez | Pourquoi cela aide |
|---|---|
| La difficulté, avec un ou deux exemples | On voit mieux s’il s’agit de parler, de comprendre, de lire, d’écrire ou de calculer |
| Où et depuis quand | La maison, la classe, la garderie : ce qui se répète d’un endroit à l’autre aide à orienter |
| Les langues de votre enfant, et celle de l’école | L’apprentissage d’une langue seconde et une difficulté d’apprentissage ne se regardent pas de la même façon |
| Ce que l’école a déjà essayé | La personne sait d’où vous partez, et s’il existe déjà un plan d’intervention |
| Ce que votre enfant fait bien | Cela montre ce qui l’aide déjà, et pas seulement ce qui bloque |
| Les bulletins et les rapports | Ils évitent de repartir de zéro, et montrent ce qui a déjà été évalué |
Pendant l’appel, trois questions suffisent souvent :
- Voyez-vous souvent cette difficulté à l’âge de mon enfant ?
- Que contiendra votre rapport : un diagnostic, une conclusion ou un portrait des difficultés ?
- Si ce n’est pas votre champ, vers qui me dirigeriez-vous ?
Si vous en êtes à préparer un rendez-vous, notre article sur le déroulement d’une évaluation en orthophonie présente les étapes.
Ce qu’il faut retenir
Orthophoniste ou orthopédagogue : commencez par ce que vous observez. La parole et le langage oral mènent souvent vers une orthophoniste. Les apprentissages en classe mènent souvent vers l’école et son orthopédagogue. Les rôles se chevauchent à l’écrit, et l’une comme l’autre peut vous rediriger. Un diagnostic n’est pas nécessaire pour demander de l’aide à l’école.
Prochaine étape
Imprimez la fiche « Avant d’appeler : quoi noter, et qui appeler selon la difficulté de votre enfant » et remplissez-la avant votre premier appel. Si la parole, le langage ou le langage écrit vous préoccupent, vous pouvez demander une évaluation à notre clinique du Marché Central, à Montréal, ou en télépratique. Pour en savoir plus sur l’écrit, voyez notre page sur la lecture et l’écriture et nos articles sur le sujet.
Fiche imprimable : Avant d’appeler : quoi noter, et qui appeler selon la difficulté de votre enfant (PDF, 2 pages).
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une orthophoniste et une orthopédagogue ?
L’orthophoniste part de la communication : le langage oral et écrit, la parole, la voix et la déglutition. Elle est membre d’un ordre professionnel. L’orthopédagogue part de la pédagogie : la lecture, l’écriture et les mathématiques à l’école. Selon l’ADOQ, sa profession n’a pas encore d’ordre. Les deux peuvent suivre le même enfant.
Mon enfant a du mal à lire : qui appeler en premier ?
S’il va à l’école, commencez souvent par l’enseignante, puis demandez si l’orthopédagogue peut le voir. Aucun diagnostic n’est requis. Si vous voulez une évaluation plus poussée, ou si sa parole ou son langage oral vous préoccupent aussi, une orthophoniste est un bon appel. Au privé, une orthopédagogue peut aussi évaluer la lecture.
Une orthopédagogue peut-elle diagnostiquer la dyslexie ?
L’OOAQ ne nomme pas l’orthopédagogue parmi les professions qui partagent ce diagnostic. L’ADOQ dit qu’elle y contribue, dans un processus interdisciplinaire. Selon l’Office des professions (2014), son évaluation vise à préciser les difficultés, même quand on l’appelle « diagnostique ». Pour un diagnostic, voyez une orthophoniste, un psychologue, un neuropsychologue ou un médecin.
Qui peut diagnostiquer la dyslexie au Québec ?
Selon l’OOAQ, l’orthophoniste, le psychologue, le neuropsychologue et le médecin partagent cette activité. Depuis le projet de loi 67, adopté en novembre 2024, la loi emploie le mot « diagnostiquer » pour les orthophonistes, dans le cas des troubles d’apprentissage liés au langage. Notre article sur les signes précoces de dyslexie dit à partir de quand c’est possible.
Mon enfant a des difficultés en mathématiques : orthophoniste ou orthopédagogue ?
Commencez souvent par l’école, ou par une orthopédagogue : les mathématiques font partie de ce qu’elle évalue, selon l’ADOQ. Une orthophoniste devient un bon appel si le langage semble en cause, par exemple pour comprendre les nombres ou raisonner sur un problème, ou si une dyscalculie est soupçonnée. L’OOAQ la nomme parmi les troubles liés au langage.
Peut-on consulter les deux en même temps ?
Oui, et cela peut être utile, car leurs regards se complètent. L’une peut travailler sur le langage, l’autre sur les stratégies en classe. Demandez-leur de communiquer ensemble, avec votre accord. À l’école, ces rôles se rencontrent autour du plan d’intervention. Au privé, vérifiez d’abord ce que chacune propose, pour éviter de faire deux fois la même chose.
Faut-il passer par un médecin avant d’appeler ?
Pas pour le CLSC : notre guide sur l’attente explique que les parents peuvent s’y adresser directement, sans référence médicale. L’OOAQ offre aussi un répertoire public pour joindre une orthophoniste au privé. Votre assurance peut toutefois exiger une recommandation du médecin : notre guide sur les frais explique quoi demander.
Mon enfant est au préscolaire : est-il trop tôt pour appeler ?
Non. Agir tôt s’adresse aux enfants de moins de 7 ans et à leur famille : communiquez avec votre CLSC, ou demandez à votre médecin de vous y diriger. Une orthophoniste peut aussi recevoir votre enfant au privé. L’orthopédagogue travaille surtout à l’école. Notre guide sur l’attente détaille le parcours public.
Le titre d’orthopédagogue est-il protégé ?
Non, selon l’ADOQ : la profession n’étant pas encadrée par un ordre professionnel, il n’existe pas de restriction légale au port du titre. Demandez donc la formation de la personne, et consultez le tableau des membres de l’ADOQ. Un numéro qui commence par MP indique une formation qualifiante complétée. L’adhésion reste volontaire.
Existe-t-il un ordre professionnel des orthopédagogues ?
Pas à ce jour, selon l’ADOQ, qui a déposé une demande à l’Office des professions en 2018, puis une mise à jour en février 2025. Son rapport annuel 2026 dit que le dossier est à l’analyse par l’Office. Ce sont les mots de l’ADOQ. Nous n’avons pas lu de position de l’Office, et la situation peut changer.
Mon assurance rembourse-t-elle l’orthopédagogie ?
Cela dépend de votre contrat, rappelle l’ADOQ : demandez à votre assureur si les services d’orthopédagogie sont inclus dans votre régime, car les politiques varient d’un assureur à l’autre. Selon l’association, ses membres remettent des reçus pour leurs services. Pour l’orthophonie, notre guide sur les frais présente les questions à poser à l’assureur.
Mon enfant a un TDAH : qui voir en priorité ?
Pour la question du TDAH elle-même, pensez au médecin ou au psychologue. L’orthophoniste ne peut pas poser ce diagnostic, selon l’OOAQ, et l’orthopédagogue n’a pas d’ordre professionnel. Si votre enfant a aussi du mal à parler, à lire ou à écrire, une orthophoniste ou l’orthopédagogue de l’école peuvent regarder ces difficultés de leur côté.



