Aphasie et troubles acquis de la communication après un AVC ou un TCC

Révision clinique : Kimberly Martins, M.A. CCC-SLP · Mis à jour le

Une thérapie pour les adultes dont le langage ou la communication a changé après un AVC, un traumatisme craniocérébral ou un autre évènement neurologique, avec un soutien concret pour leurs proches.

  • Adultes

Signes à surveiller

  • Savoir ce que l'on veut dire, mais ne pas trouver les mots
  • Utiliser un mauvais mot ou un mot qui ressemble au mot voulu
  • Difficulté à suivre les conversations, surtout rapides ou en groupe
  • Lecture ou écriture devenue lente ou difficile
  • Difficulté à rester sur le sujet, à organiser ses idées ou à suivre une histoire
  • Difficultés d'attention, de mémoire des conversations ou de planification depuis une lésion
  • Éviter les appels, les réunions ou les sorties depuis l'évènement

Ce que c’est

L’aphasie est un trouble du langage causé par une lésion des régions du cerveau responsables du langage, le plus souvent à la suite d’un AVC. Elle peut toucher l’expression, la compréhension, la lecture et l’écriture. La personne sait encore ce qu’elle veut dire, et sa pensée et sa personnalité sont généralement préservées. Ce qui change, c’est l’accès au langage.

L’aphasie se présente différemment d’une personne à l’autre. Certaines personnes parlent lentement et avec effort, par phrases courtes, alors que leur compréhension reste plus solide. D’autres parlent de façon fluide, mais leurs phrases transmettent moins de sens et leur compréhension est plus atteinte. Deux personnes ayant subi des AVC semblables peuvent présenter des profils très différents.

Autres troubles acquis de la communication

Après un AVC ou un traumatisme craniocérébral (TCC), la communication peut aussi changer d’autres façons :

  • Les troubles cognitivo-communicationnels, où des changements de l’attention, de la mémoire, de l’organisation ou du raisonnement nuisent à la conversation. La personne peut parler de façon fluide, mais perdre le fil, s’écarter du sujet ou saisir difficilement les sous-entendus.
  • La dysarthrie, qui touche les muscles de la parole. Consultez notre page sur la dysarthrie.
  • L’apraxie de la parole, qui touche la planification des mouvements de la parole.

Ces troubles peuvent coexister, et l’évaluation permet de démêler ce qui contribue à la difficulté.

Une difficulté soudaine à parler ou à comprendre est une urgence médicale, souvent un signe d’AVC. Composez le 911 immédiatement.

Qui nous accompagnons

Nous travaillons avec des adultes à différents moments après un AVC, un TCC ou un autre évènement neurologique :

  • Les adultes qui viennent de quitter l’hôpital ou la réadaptation et souhaitent poursuivre la thérapie.
  • Les adultes qui ont subi un AVC il y a des mois ou des années, qui sentent que leurs progrès plafonnent ou qui ont de nouveaux objectifs, comme le retour au travail.
  • Les adultes qui présentent des changements cognitivo-communicationnels après une commotion cérébrale ou un TCC plus sévère.
  • Les conjoints, les enfants adultes et les proches aidants qui veulent du soutien pour communiquer avec la personne qu’ils aiment.

Comment nous l’évaluons

L’évaluation porte sur l’expression, la compréhension, la lecture et l’écriture, ainsi que sur la façon dont la personne communique dans la vie réelle. Pour les préoccupations cognitivo-communicationnelles, nous examinons aussi l’attention, la mémoire, l’organisation et le raisonnement dans la mesure où ils influencent la communication.

Nous discutons de votre histoire, des thérapies antérieures et de vos objectifs. Si vous avez des rapports de l’hôpital ou d’une équipe de réadaptation, apportez-les : ils nous aident à bâtir sur ce qui a déjà été fait. Avec votre accord, nous parlons aussi avec vos proches de ce qu’ils observent à la maison.

Le but n’est pas seulement de poser une étiquette. C’est de comprendre ce qui est le plus touché, ce qui est préservé et ce qu’il sera le plus utile de travailler. Pour en savoir plus, consultez notre page sur l’évaluation.

Comment se déroule la thérapie chez VoxLingue

La thérapie est construite autour des situations qui comptent pour vous : appeler la pharmacie, suivre un souper de famille, lire les nouvelles, retourner à une réunion ou raconter une histoire à un petit-enfant.

Thérapie axée sur le langage

Selon votre profil, la thérapie peut inclure des exercices de recherche de mots, la construction de phrases, le travail de la compréhension ainsi que la rééducation de la lecture et de l’écriture. La recherche appuie une pratique soutenue et orientée vers des objectifs, et votre orthophoniste vous expliquera à quelle fréquence vous rencontrer et pratiquer en fonction de vos objectifs.

Thérapie fonctionnelle et centrée sur la conversation

Nous pratiquons de vraies conversations et utilisons l’entrainement par scripts pour des moments importants, comme se présenter, commander au restaurant ou parler à un médecin. Nous misons aussi sur la communication totale : gestes, dessins, mots clés écrits, photos et applications. Ce n’est pas un signe d’abandon ; ces outils protègent le message pendant que le langage continue de se rétablir.

Thérapie cognitivo-communicationnelle

Après un TCC, la thérapie peut cibler des stratégies pour l’attention, l’organisation des idées, le suivi des conversations, l’utilisation d’aide-mémoire et la gestion de la communication au travail ou aux études. Nous nous coordonnons avec les autres professionnels concernés, comme les ergothérapeutes ou les neuropsychologues.

La CAA au besoin

Pour les personnes ayant une aphasie sévère, des outils de CAA, comme un cahier de communication ou une application, peuvent soutenir le quotidien en complément de la parole.

Votre rôle à la maison

Les proches influencent la récupération plus qu’on ne le pense. Nous offrons un accompagnement pour vous aider à :

  • Garder des sujets d’adulte et un ton d’adulte. La personne est toujours celle qu’elle était.
  • Réduire le bruit ambiant, utiliser des phrases plus courtes et poser une question à la fois.
  • Attendre. Quelques secondes suffisent souvent pour que le mot arrive.
  • Proposer un mot seulement si la personne le souhaite.
  • Confirmer ce que vous avez compris en reformulant, plutôt qu’en testant.
  • Tenir compte de la fatigue et garder les conversations importantes pour les moments où l’énergie est meilleure.

La frustration, le deuil et la tristesse sont fréquents après un AVC ou un TCC. Si vous remarquez des signes de dépression, parlez-en à l’équipe médicale : c’est fréquent et cela se traite. Les proches aidants ont, eux aussi, besoin de soutien.

Familles bilingues et multilingues

Beaucoup des adultes que nous accompagnons parlaient deux langues ou plus avant leur AVC ou leur TCC. La recherche montre que les langues peuvent être touchées et se rétablir différemment, et que la langue qui revient en premier n’est pas toujours celle qui était la plus utilisée avant.

Notre équipe travaille en français et en anglais, et nos cliniciens parlent aussi plusieurs autres langues. Votre orthophoniste vous aidera à choisir la ou les langues à prioriser, selon vos relations et votre quotidien. La disponibilité des langues varie, et nous vous jumelons le mieux possible.

En personne ou en télépratique

Vous pouvez nous rencontrer en personne à notre clinique du Marché Central, à Montréal, ou en télépratique partout au Québec et en Ontario. La télépratique peut réduire la fatigue liée aux déplacements, simplifier l’horaire et permettre à un proche de participer depuis une autre pièce ou une autre ville. Votre orthophoniste vous aidera à choisir la formule qui convient le mieux à vos besoins et à votre aisance avec la technologie.

Pour commencer

Aucune recommandation d’un médecin n’est nécessaire. Que vous veniez de rentrer de l’hôpital ou que votre AVC remonte à plusieurs années et que vous ayez de nouveaux objectifs, une évaluation est un bon point de départ.

Appelez notre clinique du Marché Central au 514-467-9132, ou demandez un rendez-vous au moyen de notre formulaire. Un proche peut aussi appeler au nom de la personne. Nous vous jumellerons avec un clinicien dont l’expérience et les langues correspondent à vos besoins.

Questions fréquentes

L'aphasie est-elle une perte d'intelligence ?

Non. L'aphasie touche le langage, pas l'intelligence. La mémoire des proches, la personnalité et le jugement sont généralement préservés. L'aphasie est aussi différente de la confusion ou de la démence.

Peut-on encore progresser des mois ou des années après un AVC ?

La recherche montre que des progrès significatifs peuvent se poursuivre bien au-delà des premiers mois, surtout avec une thérapie soutenue et orientée vers des objectifs. Les progrès sont rarement linéaires, et de nouveaux objectifs mènent souvent à de nouveaux gains.

Qu'est-ce qu'un trouble cognitivo-communicationnel ?

C'est une difficulté de communication causée par des changements dans les fonctions cognitives, comme l'attention, la mémoire, l'organisation ou le raisonnement. Il est fréquent après un TCC et certains AVC. La personne peut parler de façon fluide, mais avoir du mal à suivre une conversation ou à rester sur le sujet.

La thérapie à l'hôpital est terminée. Pouvons-nous continuer au privé ?

Oui. Beaucoup d'adultes poursuivent la thérapie après leur congé de l'hôpital ou de la réadaptation. Apporter vos rapports nous aide à bâtir sur le travail déjà fait.

Dans quelle langue faire la thérapie ?

Dans les familles bilingues et multilingues, les langues peuvent se rétablir différemment. Votre orthophoniste vous aidera à choisir la ou les langues à prioriser, selon les personnes et les situations qui comptent le plus.

Les proches peuvent-ils participer ?

Oui. L'accompagnement des proches est une partie importante de la thérapie. De petits changements dans la façon de parler avec la personne peuvent faciliter les conversations dès maintenant.

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Aucune référence médicale requise. Appelez la clinique ou envoyez-nous une demande, et nous vous jumellerons avec l'orthophoniste qui convient.