Dyspraxie verbale (apraxie de la parole de l'enfant)

Révision clinique : Kimberly Martins, M.A. CCC-SLP · Mis à jour le

Une évaluation rigoureuse et un suivi fréquent, axé sur le mouvement, pour les enfants qui ont de la difficulté à planifier et à enchaîner les mouvements de la parole.

  • Enfants

Signes à surveiller

  • Votre enfant dit le même mot de façon différente à chaque essai
  • Les voyelles sont souvent déformées, pas seulement les consonnes
  • Votre enfant semble chercher la bonne position de la bouche avant ou pendant qu'il parle
  • Les mots longs sont beaucoup plus difficiles que les mots courts, et les sons ou les syllabes sortent dans le désordre
  • La parole semble saccadée ou a un rythme et une accentuation inhabituels
  • Les mots sortent plus clairement dans les routines ou les chansons que lorsqu'il essaie de vous imiter
  • Votre enfant comprend beaucoup plus qu'il ne peut dire et se fâche quand on ne le comprend pas
  • Votre enfant a peu babillé lorsqu'il était bébé et ses premiers mots sont arrivés tard

De quoi s’agit-il

La dyspraxie verbale, qu’on appelle aussi apraxie de la parole de l’enfant, est un trouble moteur de la parole. Votre enfant sait ce qu’il veut dire, mais son cerveau a de la difficulté à planifier et à enchaîner les mouvements précis des lèvres, de la langue et de la mâchoire nécessaires pour le dire. Les muscles ne sont pas faibles. La difficulté se situe dans le plan.

Comme ce plan n’est pas stable, le même mot peut sortir différemment d’un essai à l’autre. Les mots courts et familiers sont habituellement plus faciles que les mots longs ou nouveaux. La parole peut sembler saccadée, avec un accent inhabituel sur certaines syllabes. Plusieurs enfants qui ont une dyspraxie verbale comprennent bien le langage pour leur âge, ce qui rend l’écart entre ce qu’ils savent et ce qu’ils arrivent à dire particulièrement frustrant.

La dyspraxie verbale est beaucoup moins fréquente que les autres troubles des sons de la parole. Elle n’est pas causée par quelque chose que les parents ont fait ou n’ont pas fait. Chez la plupart des enfants, on ne trouve pas de cause précise, même si elle accompagne parfois d’autres conditions médicales, génétiques ou développementales.

En quoi elle diffère des autres troubles des sons de la parole

La plupart des enfants difficiles à comprendre ont un trouble d’articulation ou un trouble phonologique. Leurs erreurs sont plutôt constantes et suivent des processus prévisibles. Dans la dyspraxie verbale, les erreurs sont moins prévisibles, les voyelles sont souvent touchées, le passage d’un son ou d’une syllabe à l’autre demande un effort, et le rythme de la parole est souvent différent. Aucun signe ne confirme à lui seul le diagnostic. L’orthophoniste cherche un ensemble de caractéristiques observées dans plusieurs tâches.

Qui nous accompagnons

Nous voyons surtout des tout-petits, des enfants d’âge préscolaire et des enfants d’âge scolaire qui disent très peu de mots, qui sont beaucoup plus difficiles à comprendre que prévu, ou dont la parole progresse peu avec un suivi plus général. Certaines familles arrivent avec un diagnostic posé ailleurs et cherchent un suivi. D’autres ont entendu le mot « dyspraxie » et souhaitent un avis rigoureux.

Comment nous l’évaluons

Nous sommes prudents avant de conclure à une dyspraxie verbale, surtout chez les jeunes enfants. Le diagnostic est difficile à confirmer avant environ 3 ans, parce que l’enfant doit parler suffisamment pour que le portrait soit clair, et parce que certaines caractéristiques se retrouvent aussi dans d’autres difficultés de parole.

L’évaluation comprend habituellement :

  • un entretien détaillé avec vous sur le babillage, les premiers sons, l’alimentation, le développement et les antécédents familiaux
  • l’observation de la parole de votre enfant dans le jeu, en dénomination et en répétition de sons, de syllabes et de mots de plus en plus longs
  • la répétition des mêmes mots plusieurs fois, pour observer la constance des productions
  • l’examen de la structure et des mouvements de la bouche, pour écarter une faiblesse ou une cause structurelle
  • un regard sur la compréhension et l’expression du langage, souvent plus fortes ou plus faibles que la parole

Nous pourrions aussi recommander une évaluation en audiologie. Chez un jeune enfant, nous décrirons parfois le portrait comme une dyspraxie verbale soupçonnée, que nous confirmerons ou réviserons au fil du suivi. C’est une pratique rigoureuse, pas de l’incertitude. Pour en savoir plus, consultez notre page sur l’évaluation.

Le suivi chez VoxLingue

Le suivi en dyspraxie verbale porte sur le mouvement. Votre enfant pratique les transitions entre les sons et les syllabes, pas les sons isolés. La recherche et les lignes directrices cliniques font ressortir quelques principes clés.

Une pratique fréquente et ciblée

Les enfants qui ont une dyspraxie verbale progressent généralement mieux avec des séances fréquentes et beaucoup d’essais par séance. Des séances courtes et régulières, souvent plus d’une fois par semaine au début, donnent habituellement de meilleurs résultats que des séances longues et espacées. Nous discutons avec vous d’un horaire réaliste selon les besoins de votre enfant et la vie de votre famille.

Des approches motrices

Nos orthophonistes s’appuient sur des approches conçues pour les troubles moteurs de la parole, comme le Dynamic Temporal and Tactile Cueing (DTTC). L’orthophoniste et l’enfant disent les mots ensemble, lentement au départ, avec des indices visuels et tactiles qu’on retire graduellement. D’autres approches, comme le Rapid Syllable Transition Treatment (ReST), peuvent convenir aux enfants plus vieux, selon leur profil. Le choix dépend de l’âge de votre enfant, de la sévérité et de ses besoins.

Des mots qui comptent

Nous choisissons un petit ensemble de mots utiles dans la vie de votre enfant : les noms des membres de la famille, ses aliments préférés, « encore », « aide-moi », « à moi ». Avec les jeunes enfants, les séances passent par le jeu, et la répétition se cache dans les activités.

Communiquer maintenant, pas plus tard

Pendant que la parole se développe, nous introduisons souvent des signes, des gestes, des images ou une aide à la communication avec sortie vocale, pour que votre enfant puisse communiquer dès aujourd’hui. Cela ne remplace pas la parole. La recherche montre que la communication alternative et augmentée n’empêche pas la parole de se développer. Consultez notre page sur la CAA.

Votre rôle à la maison

Vous êtes le partenaire de communication le plus important de votre enfant, pas un deuxième thérapeute. Nous vous accompagnons pour intégrer la pratique à quelques courts moments du quotidien, plutôt qu’à de longs exercices :

  • Pratiquez les mots cibles dans les routines : collation, bain, habillage.
  • Répondez d’abord à ce que votre enfant veut dire, puis redites le mot clairement et lentement.
  • Évitez de lui demander de « dire le mot » sur commande devant la parenté.
  • Accueillez toutes les formes de communication : mots, signes, gestes et utilisation de l’aide technologique.
  • Protégez des moments qui n’ont rien à voir avec la parole. Le suivi est un long parcours, et l’énergie de votre famille compte.

Familles bilingues et multilingues

Le bilinguisme ne cause pas la dyspraxie verbale, et la recherche n’appuie pas l’idée d’abandonner une langue pour aider l’enfant. Les habiletés de planification motrice développées dans une langue peuvent soutenir l’autre. Nous décidons ensemble dans quelle langue choisir les mots à pratiquer, selon les endroits et les personnes avec qui votre enfant communique le plus : la maison, la garderie, l’école, la famille élargie.

Notre évaluation tient compte des langues que votre enfant entend et utilise vraiment, pour que les différences normales entre les langues ne soient pas prises pour des erreurs. Notre équipe parle plusieurs langues. Lorsqu’aucun membre de l’équipe ne parle votre langue maternelle, nous vous guidons pour pratiquer les mots clés dans cette langue à la maison.

En personne ou en télépratique

Le suivi en dyspraxie verbale est offert en personne à notre clinique du Marché Central, à Montréal, ou en télépratique partout au Québec et en Ontario. La télépratique peut rendre les séances fréquentes plus faciles à intégrer à l’horaire familial. Avec les jeunes enfants, un parent s’assoit habituellement à côté de l’enfant et l’orthophoniste lui montre à donner certains indices. Certaines familles combinent les séances en personne et en ligne. Nous vous aidons à choisir ce qui convient à votre enfant.

Pour commencer

Aucune référence médicale n’est nécessaire. Si la parole de votre enfant vous inquiète, l’évaluation est une première étape claire, que la dyspraxie verbale soit en cause ou non.

Appelez notre clinique du Marché Central au 514-467-9132, ou demandez un rendez-vous au moyen de notre formulaire de contact. La disponibilité des orthophonistes et des langues varie, et notre équipe vous jumellera avec la bonne personne.

Questions fréquentes

En quoi la dyspraxie verbale diffère-t-elle d'un retard de parole ?

Dans un retard de parole ou un trouble phonologique, les erreurs sont habituellement constantes et suivent des processus prévisibles. Dans la dyspraxie verbale, la difficulté se situe dans la planification et l'enchaînement des mouvements : les erreurs varient d'un essai à l'autre, les voyelles sont souvent touchées et le rythme de la parole peut sembler inhabituel. Les deux demandent des interventions différentes, d'où l'importance d'une évaluation rigoureuse.

Peut-on poser ce diagnostic chez un tout-petit ?

C'est difficile à confirmer avant environ 3 ans, parce que l'enfant ne parle pas encore assez pour que le portrait soit clair. Chez les jeunes enfants, on parle souvent de dyspraxie verbale soupçonnée, une hypothèse qu'on confirme ou qu'on révise au fil du suivi. Vous n'avez pas besoin d'attendre un diagnostic confirmé pour commencer à aider votre enfant à communiquer.

Mon enfant va-t-il parler ?

La plupart des enfants qui ont une dyspraxie verbale font des progrès significatifs avec un suivi adapté et régulier, même si ces progrès sont souvent plus lents que prévu et peuvent prendre des années plutôt que des mois. On ne peut pas prédire l'évolution d'un enfant en particulier, mais nous fixons avec vous des objectifs clairs et nous les révisons régulièrement.

Les signes ou une aide technologique vont-ils l'empêcher de parler ?

Non. La recherche montre que la communication alternative et augmentée (CAA) n'empêche pas le développement de la parole et peut réduire la frustration. Elle donne à votre enfant un moyen de communiquer maintenant, pendant qu'on continue de travailler la parole.

Les exercices de bouche, comme souffler ou bouger la langue, aident-ils ?

La recherche actuelle n'appuie pas les exercices non verbaux de la bouche pour améliorer la parole dans la dyspraxie verbale. Le suivi porte sur la pratique des mouvements de la parole elle-même, en syllabes, en mots et en phrases.

Devrait-on arrêter de parler une de nos langues ?

Non. Le bilinguisme ne cause pas la dyspraxie verbale, et la recherche n'appuie pas l'abandon d'une langue. Nous choisissons avec vous les mots à pratiquer pour que le suivi corresponde aux langues que votre enfant utilise au quotidien.

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Aucune référence médicale requise. Appelez la clinique ou envoyez-nous une demande, et nous vous jumellerons avec l'orthophoniste qui convient.