Aphasie après un AVC : comment parler avec votre proche et quoi faire ensuite

À jour le 4 novembre 2026. Information générale : seule une évaluation peut préciser les besoins de votre proche.
Une difficulté soudaine à parler ou à comprendre est une urgence : composez le 911. Voici V-I-T-E, tel que l’écrit Québec.ca :
- V - Visage affaissé;
- I - Incapacité à lever les deux bras normalement;
- T - Trouble de la parole;
- E - Extrême urgence médicale, pour laquelle il faut composer le 911.
Ne conduisez pas votre véhicule pour vous rendre à l’hôpital. Faites la même chose si de nouveaux signes apparaissent chez une personne qui a déjà une aphasie.
L’aphasie après un AVC peut changer une conversation du jour au lendemain. Votre conjoint cherche ses mots. Votre mère répond « oui » alors que ce n’est pas ce qu’elle veut dire. Vous ne savez plus ce qu’elle comprend, ni comment lui parler sans la traiter comme une enfant.
Ce guide est écrit pour vous, conjoint, conjointe, fils ou fille. Il explique ce qui change, comment parler ensemble, ce qui peut progresser, et vers qui vous tourner au Québec et en Ontario après l’hôpital.
Il repose sur une idée simple : votre façon de parler fait partie de l’aide, et elle s’apprend.
Dans les premiers mois, les familles demandent souvent à Kimberly Martins, orthophoniste et fondatrice de VoxLingue, si la personne redeviendra comme avant et combien de temps cela prendra. Elles demandent si elle restera ainsi pour toujours, ce qui pourrait arriver avec un autre AVC, et comment l’aider et lui parler pour qu’elle comprenne.
Qu’est-ce que l’aphasie, et qu’est-ce qu’elle n’est pas ?
L’aphasie est un trouble du langage. Une lésion au cerveau, le plus souvent un AVC, change la façon de parler, de comprendre, de lire ou d’écrire. Souvent, la personne sait ce qu’elle veut dire, mais les mots ne suivent pas.
Environ une personne sur trois a une aphasie après un AVC (Brady et collab., Cochrane, 2016). L’Association québécoise des personnes aphasiques (AQPA) le dit simplement : une personne aphasique est intelligente et sait ce qu’elle veut dire. Pourtant, ces personnes sont souvent traitées à tort comme si elles étaient moins compétentes (StrokEngine, 2018).
Ce trouble ne se voit pas, rappelle L’Appui : il se révèle quand la personne s’exprime ou écrit.
La fiche du CHUM (2019) décrit deux familles. Dans les aphasies non fluentes, c’est surtout la parole qui est touchée. La personne dit peu de mots, ou seulement « oui » et « non » au début, et « télévision » peut devenir « télévisson ». Dans les aphasies fluentes, c’est surtout la compréhension. Les phrases sont complètes, mais n’ont pas toujours de sens ou de lien avec la conversation.
Il existe différents types d’aphasie selon la partie du cerveau touchée, explique Kimberly Martins, et chacun se caractérise par des symptômes différents pour comprendre, s’exprimer, lire et écrire. Un AVC peut aussi toucher d’autres fonctions : la mémoire, l’attention, la motricité, la déglutition et la parole.

Pourquoi mon proche semble-t-il confus ou dit-il un mot pour un autre ?
Chercher ses mots ou dire un mot pour un autre fait partie de l’aphasie. Cela ressemble parfois à de la confusion, sans en être. Par contre, un AVC peut aussi changer l’attention, la mémoire ou le niveau d’énergie. Une évaluation aide alors à voir d’où vient chaque difficulté.
Québec.ca nomme parmi les signes de l’AVC la difficulté à parler ou à comprendre, et ajoute entre parenthèses « confusion soudaine ». Quand votre proche répond à côté, on peut donc le croire confus, alors que, parfois, le mot juste ne vient tout simplement pas.
Il faut quand même nuancer. Dans une étude néerlandaise, des difficultés touchant d’autres habiletés que le langage, comme la mémoire visuelle, étaient fréquentes chez des personnes aphasiques, à trois mois comme à un an (El Hachioui et collab., 2014). Dire que « tout le reste est intact » serait donc trop simple.
La dysarthrie, elle, touche les muscles de la parole et n’est pas une aphasie. Vous n’avez pas à faire ce tri vous-même : notez ce que vous observez.
L’aphasie s’accompagne parfois d’une difficulté à avaler (L’Appui). Si vous le remarquez, parlez-en au médecin, et voyez notre page sur la dysphagie. Si une personne s’étouffe et ne peut plus respirer, tousser ou parler, composez le 911.
Comment parler avec une personne aphasique ?
Placez-vous en face d’elle, éteignez la télévision et gardez un ton d’adulte. Dites une idée à la fois, puis attendez. Ajoutez des gestes et écrivez les mots clés. Ne finissez pas ses phrases, sauf si elle vous le demande, et ne faites pas semblant d’avoir compris.
Ces habitudes viennent des conseils de l’AQPA et de la fiche du CHUM. Le plus difficile est de les garder quand on est pressé ou inquiet.
Prenons le matin. Au lieu de dire d’un seul coup : « Je vais t’aider à te lever, à prendre ta douche et à t’habiller, puis on va aller déjeuner », essayez une phrase à la fois, avec une pause après chacune. « D’abord, on prend ta douche. » « Ensuite, tu t’habilles. » « Après, on va déjeuner. » Cet exemple est adapté d’une fiche de StrokEngine (2018).
Écrivez aussi. Un mot clé sur une feuille, en lettres détachées et au gros crayon noir, peut aider à suivre (StrokEngine, 2018). Mettez votre tête à la même hauteur que la sienne, et ne répondez pas à sa place (CHUM, 2019).

Que faire quand on ne se comprend plus ?
Dites simplement que vous n’avez pas compris. Cherchez d’abord le sujet général, puis posez des questions auxquelles on répond par oui ou non. Proposez des choix écrits, un crayon ou une image. Reformulez pour vérifier : « Si j’ai bien compris… ». Si l’échange fatigue, reprenez plus tard.
Voici un exemple, adapté de StrokEngine (2018). « Est-ce que tu parles de la famille ? » Oui. « De notre fille ? » Oui. « Tu te demandes si elle vient aujourd’hui ? » Vous allez du général au précis.
Si ça bloque, passez à l’écrit. Notez deux ou trois réponses possibles et laissez votre proche en encercler une, ou tendez-lui le crayon (AQPA). Et si le message est passé, mais avec le mauvais mot ? Ne corrigez pas, conseille l’AQPA : l’échange a réussi.
Certaines personnes ont besoin d’un appui plus permanent, comme une application ou un cahier de communication. Les recommandations canadiennes en font une option à considérer. Notre article sur la communication suppléante et la parole, bilingue et écrit surtout pour les parents, explique pourquoi ces outils ne remplacent pas la parole.

Peut-on nous montrer comment faire ?
Oui, et vous pouvez le demander. Les recommandations canadiennes demandent d’offrir aux proches une formation à la conversation soutenue. Cette formation n’est pas toujours offerte d’emblée. Parlez-en à l’orthophoniste de l’équipe, ou communiquez avec une association de personnes aphasiques de votre région.
Selon les Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC (section consultée en 2026), cette formation « doit être offerte » aux partenaires de communication des personnes aphasiques. C’est une recommandation forte. Elles demandent aussi d’engager la famille, avec de l’éducation et de la formation.
La conversation soutenue a été développée à l’Aphasia Institute (site en anglais), un centre communautaire de Toronto. Dans un essai contrôlé auprès de quarante bénévoles, la compétence des personnes aphasiques ressortait grâce à l’habileté du partenaire formé (Kagan et collab., 2001). Il s’agissait de bénévoles, pas de proches. Une revue rapporte des changements positifs, surtout en aphasie chronique (Simmons-Mackie et collab., 2016).
Une équipe de l’Université de Montréal a interrogé huit orthophonistes en réadaptation : la formation des proches restait rare, et liée à certaines conditions (Hallé, Le Dorze et Mingant, 2014). L’étude est petite et date de plusieurs années. Ce n’est pas un reproche, mais une raison de poser la question : « Pouvez-vous nous montrer comment lui parler ? »
L’AQPA, à Montréal, indique offrir du soutien à la communication, en groupe et en suivis ponctuels auprès de dyades, c’est-à-dire la personne et son proche. Elle précise restructurer ses services aux proches : téléphonez d’abord au 514-277-5678.
Kimberly Martins encourage les familles à défendre leurs besoins et ceux de leur proche dès l’hôpital. Demandez l’accès à l’orthophonie, pour apprendre des stratégies qui soutiennent la communication et les échanges à mesure que la personne progresse.
Mon proche va-t-il reparler ?
Personne ne peut le prédire pour une personne précise. Les progrès sont en général les plus grands dans les premiers mois. Ils peuvent se poursuivre ensuite, plus lentement, parfois des années après l’AVC. Certaines personnes retrouvent presque toute leur capacité à communiquer, d’autres une petite partie seulement.
La fiche du CHUM (2019) le dit sans détour : le niveau de récupération varie beaucoup d’une personne à l’autre. Il reste aussi souvent une part d’aphasie après les premiers mois (NIDCD, États-Unis).
La collaboration internationale RELEASE (2021) a observé les gains les plus marqués tôt après l’AVC, puis des gains moindres après six mois. Ils s’observaient même au-delà de deux ans et chez des personnes de plus de 75 ans. Ces moyennes viennent de participants à des études : elles ne promettent rien à une personne en particulier.
La revue Cochrane conclut que l’orthophonie aide, comparée à l’absence de thérapie (Brady et collab., 2016). Sa limite : les gains n’étaient pas évidents au suivi plus tardif, à partir de plus petits nombres de personnes.
Un essai allemand a porté sur des adultes de 70 ans ou moins, six mois ou plus après l’AVC. Une thérapie intensive, en conditions de soins habituelles, a amélioré la communication au quotidien, comparée à une thérapie reportée, juste après trois semaines (Breitenstein et collab., 2017).
La thérapie peut aussi fatiguer ou frustrer (StrokEngine, 2018) : dites-le à l’orthophoniste. Un plateau ne veut pas dire que tout est terminé, ni que le progrès est assuré.
Selon la gravité de l’AVC, explique Kimberly Martins, on cherche à revenir le plus possible aux habiletés d’avant, ou à améliorer ce qui peut l’être. On met aussi en place des stratégies pour compenser ce qui a été perdu, et on vise la qualité de vie.

Pourquoi commencer l’orthophonie rapidement ?
Commencez dès que possible après l’AVC. Selon Kimberly Martins, il existe une période cruciale pour tenter de retrouver le plus de fonctions possible, avant que les progrès plafonnent. Les recommandations canadiennes demandent elles aussi un accès rapide à une thérapie intensive, selon les besoins et les objectifs.
La fréquence des séances peut varier entre le public et le privé. Demandez ce qui est prévu pour votre proche.
Que se passe-t-il après l’hôpital au Québec ?
L’orthophoniste de l’hôpital évalue la communication et amorce le travail si possible. Selon ses besoins, la personne peut ensuite aller en réadaptation, à l’interne ou à l’externe, puis recevoir des services à domicile par le CLSC. Une attente est possible. Le parcours varie selon la région : demandez-le avant le congé.
Un dépliant de la Capitale-Nationale (2022) montre ces étapes pour sa région. L’Appui recommande aussi d’orienter la personne vers des organismes de soutien.
À Montréal, ce sont les professionnels qui demandent la réadaptation spécialisée, par un guichet régional, et tous n’y sont pas admissibles. Le retour à la maison avec des services peut alors être la voie proposée (document pour professionnels, CCSMTL, 2024). Un mémoire de l’UQO fait aussi état d’attentes entre les étapes (Limoges, 2026).
Avant le congé, posez ces questions à l’équipe :
- Qui fait le suivi en orthophonie après le congé, et quand ?
- Pouvez-vous nous montrer comment lui parler ?
- Faut-il vérifier la façon d’avaler ?
- Qui appeler si l’attente s’allonge ?
Gardez une copie des rapports pour le service suivant. Entre deux étapes, le 811, option 1, vous met en contact avec une infirmière pour une question de santé.
Pour les groupes, commencez par Aphasie Québec (1 877 626-1473), qui dit regrouper quatorze associations dans douze régions. À Montréal, l’AQPA reçoit les demandes au 514-277-5678.

Qui paie, au Québec et en Ontario ?
Au Québec, le réseau public passe par la carte d’assurance maladie. La RAMQ ne couvre toutefois pas l’orthophonie en clinique privée, et certaines assurances collectives en remboursent une partie. En Ontario, le gouvernement paie les soins à domicile si la personne est admissible. Ailleurs qu’à l’hôpital, l’OHIP ne couvre généralement pas ces services.
| Type de service | Québec | Ontario | Qui paie habituellement | Comment y accéder |
|---|---|---|---|---|
| Hôpital et réadaptation | Réseau public | Hôpital ou programme local | Québec : réseau public, avec la carte d’assurance maladie. Ontario : demandez à l’équipe | Par l’équipe de soins |
| Soins à domicile | CLSC | Santé à domicile Ontario | Québec : réseau public. Ontario : le gouvernement, si la personne est admissible | CLSC; en Ontario, 1-833-515-1234 |
| Orthophonie au privé | Clinique privée, sans référence médicale | Clinique privée | Vous ou votre assurance. Ni la RAMQ ni, en général, l’OHIP | Directement avec la clinique |
| Organismes communautaires | Aphasie Québec et ses associations | Aphasia Institute, Centre d’aphasie d’Ottawa | Selon l’organisme : demandez | Sur leur site ou par téléphone |
Ces repères sont généraux. Les règles et les services changent : confirmez auprès de chaque organisation.
Au Québec, un document du CCSMTL (2024) précise que la carte d’assurance maladie évite à l’usager de payer les frais liés à la réadaptation.
En Ontario, le gouvernement subventionne les soins à domicile si la personne est admissible. La page sur l’assurance-santé exclut les soins donnés hors de l’hôpital par des professionnels qui ne sont pas médecins, avec des exceptions. Elle ne nomme pas l’orthophonie : posez la question.
L’Aphasia Institute, à Toronto, offre des services directs et un groupe hebdomadaire pour les familles après l’un de ses programmes. Le Centre d’aphasie d’Ottawa offre du soutien virtuel dans l’Est de l’Ontario. Ailleurs en Ontario, consultez le répertoire de Cœur + AVC, en vérifiant chaque entrée.
Comment tenir le coup quand on est proche aidant ?
La fatigue, la tristesse et la colère sont fréquentes chez les proches. Vous n’avez pas à rester positif en tout temps. Parlez-en, gardez du temps pour vous et demandez de l’aide : Info-aidant, le 811, option 2, et les associations de personnes aphasiques offrent du soutien.
Une étude de l’Université de Montréal, auprès de douze proches dans les trois mois suivant le congé, décrit une tendance : on se concentre sur la personne touchée et on oublie ses propres besoins (Hallé et Le Dorze, 2014). Les rôles changent aussi à la maison.
L’Appui rappelle qu’on demande souvent aux proches de garder une attitude positive, ce qui peut provoquer de la culpabilité et du stress.
Surveillez aussi l’humeur de votre proche. Dans les études regroupées, environ trois personnes aphasiques sur dix avaient une dépression après l’AVC (Vogel-Eyny et collab., 2025). Elle est plus difficile à repérer sans les mots (van Dijk et collab., 2016). Dites à l’équipe médicale ce que vous voyez. Le retour au travail est aussi moins fréquent avec une aphasie (Burfein et collab., 2025).
Info-aidant est gratuit et confidentiel, au 1 855 852-7784, du lundi au vendredi de 8 h à 18 h. Le 811, option 2, vous met en contact avec un professionnel en intervention psychosociale. Québec.ca liste aussi des ressources pour les personnes proches aidantes.

Deux langues à la maison : laquelle travailler ?
Il n’y a pas de règle unique. Les deux langues peuvent être touchées de façon égale ou différente, et la langue apprise en premier ressort souvent plus forte, surtout si l’autre a été apprise plus tard. Le choix se fait avec l’orthophoniste, selon les gens à qui parler et les moments importants.
Dans une analyse de cent trente cas, les personnes qui avaient appris leur deuxième langue avant l’âge de 7 ans réussissaient de façon comparable dans les deux (Kuzmina et collab., 2019). Votre proche peut aussi comprendre une langue et non l’autre (StrokEngine, 2018).
Dans une analyse de dix-sept études, regroupant trente-neuf personnes, la pratique aidait surtout les mots pratiqués, et très peu l’autre langue (Lee et Faroqi-Shah, 2024). Une équipe de l’Université de Montréal ajoute que ce transfert dépend de plusieurs facteurs, dont le type de mot et la ressemblance entre les langues (Ansaldo et Saidi, 2014).
Notez à qui votre proche veut parler, et dans quelle langue : cette liste aide à choisir.
Kimberly Martins s’appuie sur ce que disent la famille et les proches : on choisit la langue dominante, la plus utilisée avant l’AVC. Si l’évaluation montre que la personne communique dans plus d’une langue, on peut travailler de façon à ce que les habiletés se transfèrent, en alternant les langues en thérapie.
La télépratique convient-elle à l’aphasie ?
Elle peut convenir, mais les preuves restent limitées. De petites études suggèrent des résultats comparables à ceux en personne, avec une qualité de preuve faible. La communication peut aussi être plus difficile à l’écran. L’aide d’un proche avec la technologie et l’avis de l’orthophoniste orientent le choix.
Une analyse de cinq études, regroupant cent trente-deux personnes, juge les preuves encore insuffisantes pour guider les décisions cliniques (Cacciante et collab., 2021). Les recommandations canadiennes sur la réadaptation virtuelle (2022) proposent de l’envisager pour l’aphasie, tout en prévenant que certaines personnes peuvent avoir plus de mal à communiquer pendant une rencontre virtuelle.
Notre page sur la télépratique explique comment ça se passe au Québec et en Ontario.
Selon Kimberly Martins, la télépratique ne convient pas si des limitations empêchent la personne d’utiliser la technologie et qu’aucun proche ne peut l’aider pendant la séance.

Quand demander de l’aide, et à qui ?
Une difficulté soudaine à parler ou à comprendre est une urgence : composez le 911. Hors urgence, consultez si les conversations sont de plus en plus évitées, si les progrès semblent bloqués ou si de nouveaux objectifs apparaissent. Une évaluation privée ne demande pas de référence médicale.
Vous n’avez pas besoin d’attendre que votre proche le demande : vous pouvez téléphoner à sa place. De nouveaux objectifs sont une bonne raison de refaire le point, même après la fin d’une thérapie.
Pour trouver une orthophoniste, consultez l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ). Notre guide sur l’évaluation en orthophonie au Québec compare les voies publique et privée, et notre page sur l’évaluation explique ce qu’on y regarde.
Ce qu’il faut retenir
L’aphasie change la façon de parler, de comprendre, de lire ou d’écrire. Un AVC peut aussi toucher d’autres fonctions. Votre façon de parler aide, et elle s’apprend : demandez qu’on vous la montre. Les progrès varient et personne ne peut les promettre. Avant le congé, demandez qui fait le suivi.
Prochaine étape
Imprimez le mémo du frigo et apportez-le à la prochaine rencontre avec l’équipe. Si vous cherchez la suite, voyez notre page sur l’aphasie et les troubles acquis ou nos articles pour les adultes. Nos orthophonistes reçoivent les adultes en clinique au Marché Central, à Montréal, et en télépratique partout au Québec et en Ontario.
Mémo imprimable : Parler avec une personne aphasique : le mémo du frigo (PDF, 2 pages).
Questions fréquentes
Combien de temps dure une aphasie ?
Cela varie beaucoup. Selon la fiche du CHUM, les progrès sont les plus grands et les plus rapides dans les premiers mois, et il peut encore y en avoir des mois et des années après. Personne ne peut donner une durée pour une personne précise, et il reste souvent une part d’aphasie.
L’aphasie est-elle une forme de démence ?
Non. Après un AVC, l’aphasie apparaît soudainement et elle vient d’une lésion au cerveau. Une démence s’installe et progresse avec le temps. Il existe aussi une aphasie primaire progressive, qui s’installe graduellement : c’est une autre condition. Si un doute persiste, parlez-en au médecin.
Peut-on progresser des années après l’AVC ?
C’est possible, sans être assuré. Des gains moindres ont été observés au-delà de deux ans, et Kimberly Martins rappelle que les progrès peuvent plafonner. Selon la personne, on vise alors ce qui peut encore s’améliorer, des stratégies pour compenser et la qualité de vie.
Faut-il corriger ses erreurs ?
Si le message est passé, non. L’AQPA le dit clairement : l’échange a réussi, même avec le mauvais mot. Si vous n’avez pas compris, dites-le simplement, puis cherchez ensemble le sujet général.
Est-ce que je dois finir ses phrases ?
Pas de vous-même. Laissez-lui du temps, et complétez seulement si la personne vous le demande. Certaines personnes ont leur préférence : le plus simple est de lui demander à un moment calme ce qui l’aide.
Mon proche comprend-il ce qu’on dit devant lui ?
Cela dépend du type d’aphasie et du moment, et vous ne pouvez pas le savoir avec certitude. Partez du principe qu’il peut comprendre. Parlez avec lui plutôt que de lui, et incluez-le dans les décisions qui le concernent.
Quels exercices faire à la maison ?
Demandez-les à l’orthophoniste, qui les choisit selon les objectifs de votre proche. Évitez de vous transformer en professeur : les conversations utiles de la journée comptent aussi. Si les exercices deviennent une source de tension, dites-le à l’orthophoniste.
Un proche peut-il appeler pour la personne ?
Oui. Vous pouvez téléphoner pour poser vos questions ou demander une évaluation, et une évaluation privée ne demande pas de référence médicale. La personne aphasique reste au centre des décisions : incluez-la autant que possible.
Que faire s’il y a un autre AVC ?
De nouveaux signes sont une urgence : composez le 911, même si la personne a déjà une aphasie. Les familles s’en inquiètent souvent. Demandez à l’équipe médicale ce qui peut réduire ce risque dans son cas, et gardez V-I-T-E bien en vue à la maison.
L’orthophonie privée est-elle couverte ?
La RAMQ ne couvre pas l’orthophonie en clinique privée et, en Ontario, l’OHIP ne la couvre généralement pas. Certaines assurances collectives en remboursent une partie : vérifiez votre contrat et demandez ce que votre assureur exige.
Où trouver un groupe près de chez nous ?
Au Québec, commencez par Aphasie Québec, au 1 877 626-1473, qui peut vous orienter selon votre région. À Montréal, l’AQPA reçoit les demandes au 514-277-5678. En Ontario, voyez l’Aphasia Institute, le Centre d’aphasie d’Ottawa ou le répertoire de Cœur + AVC.
Mon proche peut-il retourner au travail ?
Personne ne peut le dire à l’avance. Le retour au travail est moins fréquent après un AVC avec une aphasie que sans aphasie, et on sait encore peu de choses sur ce qui l’aide le plus. Si c’est un objectif, dites-le à l’équipe dès le début.
Aphasie, dysarthrie, apraxie : quelle différence ?
L’aphasie touche le langage : trouver les mots, comprendre, lire et écrire. La dysarthrie touche les muscles de la parole. L’apraxie de la parole touche la planification des mouvements pour parler. Elles peuvent aller ensemble, et l’évaluation aide à les distinguer. Voyez notre page sur l’aphasie et les troubles acquis.



